LA TRIBUNE DE JEAN JACQUES THOMAS

Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 14:30

C’est quand même moins pire ! Certes, l’explication est un peu courte, mais comment convaincre, sinon expliquer de manière crédible et rationnelle, la diminution de la rémunération du livret A de 2,5 à 1,75 % ? En s’appuyant sur la désinflation actuelle, la Ministre de l’Economie vient, en effet, d’affirmer avec le plus grand sérieux que, finalement, cette baisse constitue un gain net pour l’épargnant, feignant d’oublier du même coup qu’à l’automne dernier, le placement  rapportait encore près de 4 %.

 

Le raisonnement pourrait donc prêter à sourire si le nouveau taux n’était pas le plus bas proposé depuis la création du livret d’épargne. Et ce n’est sans doute pas fini.

 

A l’écouter, Christine Lagarde estime même que les Français peuvent s’estimer heureux. Rigoureux, le Gouvernement aurait, en effet, dû limiter les intérêts à 1 %. Les ménages les plus modestes et, globalement, les quelque 37 millions de titulaires du livret apprécieront le geste d’autant que, sans rire, la Ministre ajoute que cette soustraction contribuera au plan de relance, préservera le pouvoir d’achat des épargnants et donc l’attractivité du produit.

 

L’espérance gouvernementale porte, en effet, sur un point : moins les Français se réfugieront dans l’épargne, plus ils consommeront. Toutefois, la période est loin de garantir les thèses économiques successives et, plus que de raison, il arrive au Gouvernement de se tromper. Tant il est vrai également, qu’à l’inverse du livret, l’inquiétude, elle, ne cesse de croître.

 

Malgré les arguments techniques développés pour justifier cette décision gouvernementale, l’intervention de la Banque de France et du Secrétaire général de l’Elysée, une grande majorité de Français constate une nouvelle attaque contre l’épargne populaire alors que, dans le même temps, les rémunérations des leaders des grands groupes et les parachutes dorés (partiellement) dégonflés continuent à faire débat.

 

Un Etat républicain garantit les mêmes droits et les mêmes devoirs pour tous. Ce principe fondamental est de moins en moins partagé. A tel point que, Pâques aidant, nombre de petits épargnants ont même l’impression d’être pris pour des cloches !



JEAN JACQUES THOMAS
Premier Secrétaire Fédéral de l'Aisne

Par Frederic - Publié dans : LA TRIBUNE DE JEAN JACQUES THOMAS - Communauté : PARTI SOCIALISTE DE BOHAIN
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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /2009 21:04

La crise économique et sociale frappe lourdement la France. Du reste, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emplois traduit une dégradation que personne ne nie. Dans ce contexte, les collectivités territoriales sont en première ligne. Déjà, communes, départements et régions sont sollicitées au titre de leurs politiques publiques de solidarité.

Pour autant, elles doivent également faire face aux transferts de charges partiellement compensés, au plafonnement de leurs recettes fiscales et à la diminution de leurs dotations. Ainsi, par exemple, dans l’Aisne, le Conseil général est privé de cinq millions d’euros de droits de mutation. Le plafonnement de la taxe professionnelle voulu par le Gouvernement diminue de 3,5 millions ses recettes. De plus, entre le RMI et l’APA, la dette de l’Etat envers l’Assemblée départementale axonaise atteint maintenant 54,1 millions d’euros.

Pour la première fois depuis vingt ans, au plan national, certaines recettes des collectivités diminueront en valeur absolue. Au total, si l’on estime globalement les pertes à 250 millions pour les dotations, 600 millions pour les droits de mutation et 300 millions pour la taxe professionnelle, les départements français sont confrontés à plus d’un milliard de « manque à gagner ».

Or, cette crise n’est pas celle des collectivités locales et leur endettement ne représente en 2007 que 6% du PIB, alors qu’il atteignait près de 7% en 1995. Aussi, en privant les collectivités locales des moyens de leurs interventions, le Gouvernement entend affaiblir les politiques publiques, pour laisser la place libre au marché et accuser les collectivités locales - majoritairement à Gauche il est vrai - de lever trop d’impôts.

Plus globalement, l’investissement local génère une activité économique représentant le maintien direct ou indirect de 850 000 emplois répartis entre la construction, les services et l’industrie.

Voilà pourquoi en payant ses dettes, le Gouvernement enrichirait départements et régions. Il  favoriserait la croissance, stimulerait la relance et éviterait que son ardoise ne se transforme en une tuile pour le contribuable !



Par Jean-Jacques THOMAS,
Premier Secrétaire Fédéral de l’Aisne du Parti Socialiste.

Par Frederic - Publié dans : LA TRIBUNE DE JEAN JACQUES THOMAS - Communauté : PARTI SOCIALISTE DE BOHAIN
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 17:08
Fronde organisée ou mauvaise humeur passagère ? Toujours est-il qu’au-delà du remaniement ministériel qui vise à remettre de l’ordre dans la Maison UMP et surtout à marquer Jean-François Copé, les parlementaires de la majorité apparaissent de moins en moins dociles.

Alors que la suppression de la publicité prive « France Télévision » d’indispensables recettes, le Gouvernement avait cependant rétorqué que les moyens nécessaires seraient donnés au service public. L’opposition avait beau pointer du doigt les suppressions de postes à venir et l’inévitable augmentation de la redevance. C’était là pure calomnie. Elle dénonçait le transfert à venir vers les contribuables appelés à payer les cadeaux faits aux amis du Président : jamais de la vie s’étaient aussitôt exclamés les porte-parole de l’UMP.

Et Pourtant ! La Direction de Radio France Internationale vient d’annoncer la suppression de 206 postes. Alors qu’il avait également affirmé que (lui) « vivant, il n’y aura pas d’augmentation de la redevance TV », Jean-François Copé n’est certes pas mort, mais le Sénat vient d’ajouter deux euros supplémentaires à la contribution des foyers.

Les Sénateurs ruent dans les brancards.

Que l’Elysée leur demande de s’en tenir au texte et ils fixent aux 3/5e des suffrages exprimés au sein des commissions des deux assemblées le seuil nécessaire pour révoquer les Présidents de l’audiovisuel. Que le Président désire également supprimer la pub sur les ondes de RFO, la Haute Assemblée la maintient !  Bien sûr, reprise en main il y aura, mais il n’en demeure pas moins que certains élus UMP et centristes du Palais du Luxembourg apprécient guère la mise au pas qui leur est imposée.

Il est vrai que les parlementaires avaient à se prononcer sur les dispositions d’un texte … appliqué avant même que la loi ne soit votée. Et après ça, Nicolas Sarkozy explique vouloir renforcer leur rôle !

Bons soldats pourtant, les parlementaires de la majorité goûtent donc de moins en moins de siéger dans une chambre d’enregistrement et ils le disent de plus en plus ouvertement : il y a comme un coup de pompe chez les godillots !


Par Jean-Jacques THOMAS,
Premier Secrétaire Fédéral de l’Aisne du Parti Socialiste










Par Frederic - Publié dans : LA TRIBUNE DE JEAN JACQUES THOMAS
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 22:07
On est souvent trahi par les siens. Même si, Dominique de Villepin ne s’est jamais présenté en défenseur de l’actuel président, son dernier réquisitoire rompt avec bien des commentaires laudatifs. Règlement de compte sur fond d’affaire Clearstream ? Sans aucun doute.

Cependant, ses critiques reflètent aujourd’hui un constat majoritairement dressé lorsqu’il dénonce l’incapacité de Nicolas Sarkozy à hiérarchiser les problèmes, à se consacrer à l’essentiel et « pas un Président touche à tout, qui ne répond pas aux questions des Français, pas plus d’ailleurs que des journalistes ». On ne peut être plus clair.

Pour acerbe, la critique n’est pas cependant dénuée de vérité. Tant Nicolas Sarkozy multiplie les interventions souvent éloignées des priorités du moment. Face aux plans sociaux qui se succèdent, la suppression du juge d’instruction répondait-elle à une urgente obligation ? Le redécoupage électoral s’impose-t-il aujourd’hui plus qu’hier ? Y a-t-il urgence à faire voter une loi sur l’audiovisuel, à supprimer la publicité, hormis, bien sûr, à répondre aux attentes des amis du Président ?

Parmi les reproches formulés par Dominique de Villepin, la multiplication des réformes concentre, en effet, la majorité des attaques : « il ne suffit pas, dit-il, de passer d’un sujet à l’autre, d’une image à l’autre ». « D’ajouter, plus précis encore, le Président devrait se rendre compte qu’il ne suffit pas de regarder la superficie des choses, mais qu’il faut traiter les questions en profondeur ».

Ainsi, la présentation des vœux de Nicolas Sarkozy à Strasbourg est loin de répondre aux attentes, aux enjeux sociaux et sanitaires du moment. Et ce n’est pas en limitant le temps de parole de l’opposition au Parlement que la politique de relance produira des effets plus rapides.

Et là encore, l’ancien Premier Ministre n’est pas tendre sur des mesures dont il estime les « effets trop lents » et « avoir peu d’incidence sur l’emploi ». Quant aux quinze milliards du paquet fiscal, ils sont tout simplement qualifiés de « fardeau d’initiatives idéologiques ».

Après les vœux, pour Nicolas Sarkozy arrive le temps des étrennes !


Par Jean-Jacques THOMAS,
Premier Secrétaire Fédéral de l’Aisne du Parti Socialiste.
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Samedi 3 janvier 2009 6 03 /01 /2009 19:41

Les magasins s’apprêtent à solder leurs fins de séries, leurs collections démodées ou les produits
déclassés. Mais qu’en sera-t-il des promesses non tenues. Seront-elles également proposées en réduction ?

 

Certes, le Président de la République a déjà oublié sa « politique de civilisation », axe central de ses vœux 2007 et déjà plus au rayon des projets 2008. La récession est certes passée par là, mais la crise ne saurait cependant tout expliquer. Ni l’amnésie présidentielle tenir lieu de justificatif.

 

A l’aube de cette année nouvelle, Nicolas Sarkozy va-t-il donc liquider un stock plus que conséquent ? A commencer par les engagements de la campagne électorale comme le partage équitable des profits des entreprises : le premier tiers aux travailleurs, le second aux  actionnaires et le troisième pour financer les investissements. Peu de chance cependant que cette proposition ressorte avant longtemps de l’arrière-boutique sarkozienne.

 

Il est vrai qu’il en existe suffisamment pour proposer un lot à prix cassé. Avec le  pouvoir d’achat revalorisé que les Français attendent toujours et risquent encore d’attendre longtemps y figurera à coup sûr, le fameux « travailler plus pour gagner plus ». Sitôt votée, l’exonération des heures supplémentaires et des cotisations sociales s’est traduite par un effondrement spectaculaire de l'intérim. Avec 64 000 demandeurs d’emplois supplémentaires en novembre et une progression sur l’année de 8,5 %, les travailleurs aspirent désormais à pouvoir travailler. Quant à la promesse …

 

Le 18 décembre 2006, Nicolas Sarkozy promettait également dans les deux ans la disparition des sans-abri. Dramatique constat, l’an dernier, plus de 360 SDF ont disparu : morts de froid !

 

Quelques semaines plus tard, en janvier 2007, le Président assure que « l’investissement dans la santé sera forcément majeur ». Aujourd’hui, les hôpitaux publics manquent de places et de moyens tandis que les malades sont, chaque année, mis à contribution pour éponger 650 millions d'euros de franchises médicales.

 

Même soldées, en ces premiers jours de 2009, les promesses de Nicolas Sarkozy trouvent difficilement preneurs !

 Par Jean-Jacques THOMAS,
Premier Secrétaire Fédéral de l’Aisne du Parti Socialiste.

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