Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 20:44

Tout le monde s’accorde à reconnaître que la crise climatique et écologique nous oblige à prendre des mesures drastiques afin de limiter l’impact de l’humain sur son environnement, en particulier la  limitation des émissions de CO2 directement responsables du changement climatique.

 

Profiter aujourd’hui de la sensibilisation de l’opinion publique  aux questions environnementales pour imposer une taxe carbone relève pourtant de la manipulation politique.

 

L’objectif de  limiter les rejets de CO2 n’est pas contestable. Il faut clairement exposer les différentes pistes pour diminuer ces émissions et proposer les solutions les plus efficaces et surtout les plus justes pour les citoyens.

 

Un des premiers constats, c’est que le fret routier contribue de plus en plus à l’augmentation des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Or, en France notamment, rien n’est fait pour le limiter, c’est pourtant une mesure concrète de lutte contre la pollution.

 

Il faudrait aussi expliquer pourquoi le gouvernement n’a pas souhaité contraindre les entreprises automobiles à réduire davantage les rejets de CO2 lors de l’adoption d’une  réglementation européenne fin 2008 sur le sujet.

 

Expliquer aussi pourquoi il a renoncé à taxer proportionnellement les véhicules dépassant les limites autorisées. Taxer les grosses voitures lors de leur mise sur le marché aurait été une mesure juste.

 

Expliquer pourquoi il a contribué à  affaiblir la législation européenne sur la contribution  des grandes industries à la limitation du C02 grâce aux nombreuses dérogations accordées au nom de la compétitivité. Certains experts estiment même que le prochain système de bourse d’échanges des quotas de CO2 risque de n’avoir aucune incidence sur les entreprises et de ne générer que très peu d’amélioration au niveau environnemental.

 

La taxe carbone proposée aujourd’hui est une mauvaise réponse car elle touchera de la même façon l’ensemble des citoyens sans prendre en compte les ressources et les contraintes des uns et des autres. Cette taxe ne limitera pas les dépenses énergétiques, c’est la pauvreté qui limitera la consommation d’énergie ! Est-ce que l’on imagine que ceux qui, chaque hiver réduisent déjà leur chauffage, vont être sensibles à cette mesure ?

Augmenter le prix de l’essence ne favorisera pas non plus la prise de conscience individuelle sur les questions environnementales.

Augmenter le prix de l’électricité quand il est déjà question que celui-ci fasse un bond de 20% dans les prochaines années, sans raison écologique directe n’est pas non plus une bonne solution.

 

Quant aux compensations financières aujourd’hui évoquées, elles sont trop vagues pour répondre à l’inquiétude des citoyens.

 

Daniel Cohn Bendit voit dans la taxe carbone « une mesure révolutionnaire ». Je ne partage pas cet enthousiasme, la taxe carbone est une taxe injuste socialement et inefficace écologiquement. Au mieux servira-t elle à masquer l’essoufflement du « Grenelle de l’environnement » lors de la mise en œuvre concrète des politiques environnementales.

 

Saint-Quentin, le 28 juillet 2009.

Anne Ferreira

Vice-présidente du Conseil régional de Picardie.

Députée européenne de 2000 à 2009.

(membre de la Commission environnement).

 

 

Par Frederic - Communauté : PARTI SOCIALISTE DE BOHAIN
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